Les bouleaux débutent leur floraison et émettent du pollen très allergisant.

Publié le : 
Mercredi, 23 mars 2022
Last updated on 24-3-2022 by Cassandre Dugailliez

La vague pollinique du bouleau est une des plus importantes de l’année pour la population allergique. Après la floraison de l’aulne et du noisetier, le réseau national de surveillance aérobiologique AirAllergy de Sciensano annonce la présence de pollen de bouleau dans l’air. Depuis le lundi 21 mars, les concentrations dans l’air ont augmenté. Au moins 1 personne sur 10 en Belgique serait impactée par une allergie à ce type de pollen.

Augmentation des concentrations en pollen de bouleau dans l’air

Bien que la majorité des fleurs de cet arbre ne soit pas encore totalement mature, les quantités de pollen mesurées dans l’air ne sont pas négligeables et augmentent de jour en jour. Les conditions météorologiques actuelles favorisent la dispersion de cet allergène dans l’air. “4 et 23 grains de pollen de bouleau par mètre cube d’air ont été mesurés respectivement lundi et mardi derniers à Bruxelles. Ces concentrations journalières devraient encore augmenter dans les jours à venir en raison des fleurs qui arrivent à pleine maturité et des prévisions météorologiques optimales à la dispersion du pollen dans l’air. Le risque d’allergie augmentera en conséquence. Au-delà du seuil critique de 80 grains de pollen de bouleau par mètre cube d’air, la majorité des personnes allergiques risquent de ressentir des symptômes”, explique Lucie Hoebeke, collaboratrice scientifique du service Mycologie et Aérobiologie à Sciensano.

La saison du bouleau est relativement précoce cette année. Il est difficile de prédire si cette saison sera aussi intense que la saison dernière car les quantités de pollen émises annuellement sont, comme pour la plupart des arbres, très variables et dépendent spécifiquement des espèces. Sur le long terme, la saison du bouleau apparait de plus en plus intense, comme celle de l’aulne et du noisetier. Ce phénomène, associé avec la montée progressive des températures, est également observé ailleurs en Europe.
En 2021, la saison pollinique du bouleau avait débuté de manière explosive pour ensuite se poursuivre avec des concentrations polliniques journalières de l’air proche de la moyenne de ces 10 dernières années. C’est lors de cette explosion que le record absolu du pic journalier de concentration a été enregistré le 1er avril 2021 avec une valeur de 3.892 grains/m³ à Bruxelles. S’il est à espérer qu’un pic d’une telle intensité ne survienne pas à nouveau cette année, il ne faut pas négliger la durée de ces émissions de pollen. Si les bouleaux ne vident que progressivement leur stock, cela pourrait augmenter sensiblement la durée de la saison, et donc la prise de médicaments antiallergiques chargés d’effets secondaires”, poursuit Lucie Hoebeke.

Quels sont les symptômes liés à l’allergie au pollen ?

Au moins 1 personne sur 10 en Belgique est estimée ressentir des symptômes allergiques lorsqu’elle est exposée au pollen de bouleau, de noisetier ou d’aulne. L’allergie au pollen est une maladie chronique saisonnière dont la rhinite (inflammation de la muqueuse nasale) est la forme la plus courante et l’asthme la forme la plus grave. L’allergie au pollen peut également se manifester par des allergies alimentaires, causées par un phénomène d’allergie croisée. Près de la moitié des patients sensibilisés au pollen de la famille du bouleau (les bétulacées) développent des symptômes oraux en cas de consommation de fruits comme la cerise, la pomme, la pêche, le kiwi ainsi que la plupart des fruits à coque tels que la noisette, la pistache ou l’amande.
Les symptômes cliniques de l’allergie au pollen sont typiquement : picotements, démangeaisons, larmoiements et rougeurs aux yeux, des éternuements, le nez bouché, les sinus encombrés, des écoulements nasaux, une perte d’odorat et de goût, des démangeaisons à l’arrière de la bouche et dans la gorge.

Les symptômes se confondent facilement avec ceux du COVID-19 ou du rhume. Le phénomène peut également être complexe en cas de réactions allergiques croisées. 

  • Il n’y a pas de période d’incubation pour les allergies. Elles apparaissent dès que l’organisme est exposé à certaines quantités d’allergènes.
  • Une allergie ne provoque ni fièvre, ni douleurs musculaires. Cependant, vous pouvez avoir le nez qui coule, de la toux, des difficultés respiratoires et de la fatigue.
  • Les symptômes d’allergie apparaissent tant qu’il y a exposition à des allergènes. En cas de grippe ou de rhume, les symptômes sont plus courts.

En cas de doute prenez directement contact avec votre médecin généraliste ou votre allergologue.

Que faire en cas de symptômes et comment limiter les désagréments ?

En cette période, les patients allergiques doivent suivre leur traitement de fond tel que recommandé par leur allergologue, et pour les asthmatiques ne surtout pas l’interrompre au risque de les fragiliser face aux infections respiratoires.

En outre, nous recommandons ce qui suit :

  • Suivez les recommandations et les traitements prescrits par votre médecin
  • Nettoyez votre nez avec de l’eau physiologique
  • Portez des lunettes (de soleil) pour limiter les réactions de contact
  • Lavez-vous et lavez vos cheveux régulièrement
  • Utilisez des mouchoirs en papier et jetez-les après chaque utilisation
  • Ne séchez pas votre linge à l’extérieur
  • Lavez régulièrement votre literie
  • Evitez les activités physiques intenses
  • Si vous vous déplacez en véhicule, gardez les fenêtres fermées
  • Evitez d’ajouter des facteurs irritants ou allergisants dans votre environnement intérieur (tabac, parfums d’intérieur, bougies, encens, produits d’entretien ou de bricolage, etc.)
  • Consultez régulièrement le site internet www.airallergy.be, l’application mobile AirAllergy (Android et iOS) et le compte Twitter @AirAllergy pour rester informé de l’évolution de la saison pollinique en Belgique

Le port du masque chirurgical mais surtout de type FFP2 ou N95 diminue significativement l’exposition aux pollens et donc le risque de développer des symptômes, comme l’ont récemment rapporté différentes études en conditions naturelles ou expérimentales. Notez toutefois que cette mesure ne prévient pas complètement du risque d’allergie. Les allergènes peuvent se disperser sous forme de particules encore plus petites que les grains de pollen. De plus, l’exposition peut avoir lieu aussi dans votre espace intérieur, fréquemment contaminé par l’air de l’extérieur (via les portes et les fenêtres), par vos vêtements, ou même par votre masque qu’il conviendra de changer régulièrement.

Airallergy, le seul réseau officiel de surveillance des pollens en Belgique

Le réseau belge de surveillance des pollens et des spores fongiques est coordonné par l’équipe Mycologie et aérobiologie de Sciensano. En fournissant quotidiennement des informations fiables sur la présence des allergènes dans l’air, ce réseau aide les médecins généralistes, les spécialistes et la population à prévenir et traiter les allergies en indiquant les périodes et régions à haut risque.

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